L’initiative que j’ai lancée en début d’année visant à faire du refus de l’échec scolaire une Grande cause nationale a reçu de nombreux soutiens (134 députés ont ainsi cosigné ma proposition de loi).
L’ampleur des soutiens ainsi recueillis révèle clairement la volonté de mettre un terme à ce fléau qui, chaque année, ravage l’avenir de 150 000 jeunes.
Au travers des différents échanges que j’ai eus avec des enseignants, des responsables associatifs et syndicaux, des collègues députés, j’ai compris qu’il fallait préciser davantage l’angle d’attaque prioritaire pour stopper l’échec scolaire et avancer des propositions concrètes.
La lutte contre l’illettrisme est apparue comme une évidence tant le développement de l’échec scolaire est lié à celui de l’illettrisme et tant les conséquences désastreuses de l’illettrisme se retrouvent bien au-delà de l’école. En effet, les élèves en situation d’illettrisme connaîtront l’échec scolaire, sortiront du système éducatif sans qualification et subiront d’importantes difficultés d’insertion professionnelle et sociale. C’est ainsi la vie entière, professionnelle, sociale ou simplement quotidienne des victimes de l’illettrisme qui sera bouleversée.
Qui peut encore accepter aujourd’hui un tel constat ?
L’illettrisme en France touche 3 100 000 personnes soit 9% de la population âgée de 18 à 65 ans et ayant été scolarisée en France. 43% des personnes en situation d’illettrisme sont sans emploi.
L’ampleur du phénomène est considérable, il mérite une mobilisation nationale et un consensus fort pour mettre un terme à ce qu’il convient d’appeler un fléau.
C’est en ce sens que j’ai constitué un Comité de soutien, fort aujourd’hui de plus de 200 membres ayant souhaité s’engager dans ce projet sur la base de propositions concrètes que je vous propose de découvrir dans le document ci-après : /images/files/PJ La lutte contre l illettrisme priorites et propositions.pdf
Les solutions ainsi présentées sont des pistes qui ont vocation à nourrir la réflexion et à orienter les actions et les décisions de fond qui pourraient être prises lors d’une année de Grande cause nationale consacrée à ce sujet. Concrètement, des efforts considérables devront être faits à l’égard de l’école primaire et de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Dans le même temps, il faudra repérer tous ceux qui, en dehors de l’école, souffrent de l’illettrisme et les accompagner efficacement.
Ces propositions pourront bien sûr être complétées, améliorées grâce à un travail en commun qui sera lancé prochainement et grâce aux contributions de tous ceux qui souhaitent participer.
Si l’on veut réussir la lutte contre l’illettrisme et l’échec scolaire, et voir disparaître à l’avenir leurs conséquences désastreuses sur des milliers d’entre nous, une ambition nationale forte est nécessaire et elle doit impérativement être à la hauteur de l’enjeu.
Xavier BRETON