Au cours de la séance de ce mardi 12 janvier, un hommage à la mémoire de Philippe SEGUIN a été prononcé par Bernard ACCOYER, Président de l’Assemblée nationale, et par François FILLON, Premier ministre.
Le discours de François FILLON a été un moment très émouvant, tant on connaissait les liens qui l’unissaient à Philippe Séguin. Les rénovateurs de 1989, le référendum sur le Traité de Maastricht, une référence constante à l’héritage gaulliste … nombreux ont été les combats politiques qu’ils ont partagés.
L’hommage du Premier Ministre a montré également que l’amitié et la fidélité avaient toute leur place dans la vie politique.
Les vicissitudes, les aléas ou même les épreuves de tout parcours politique peuvent même être autant d’occasions de renforcer les liens de ceux qui partagent une même conception de la gestion de la cité et une même vision de notre République.
Extraits de l’hommage de François Fillon à Philippe Séguin :
Méditons la vigilance à laquelle il nous invite dans ses Mémoires : "Contre les émotions instantanées sur lesquelles joue la médiacratie, le discours cherche à réintroduire le temps long de l’argumentation raisonnée. Contre la réduction des hommes au statut de consommateur par la sondocratie, il cherche à s’adresser au citoyen. Contre le conformisme propre à la tyrannie cathodique, il cherche à réintroduire la contradiction".
Philippe Séguin n’était pas un républicain de circonstance ; il n’était pas un patriote de hasard. "La nation française - écrivait-il - ce n’est pas un clan, ce n’est pas une race, ce n’est pas une tribu… La nation, c’est ce par quoi on accède à cette dignité suprême des hommes libres qu'on appelle la citoyenneté". L’idéal du citoyen souverain, conscient de son rôle et responsable de son vote, est à la source de sa haute conception de la République et de la démocratie.
Cette foi en la politique, ce refus du fatalisme qui est l’antichambre du déclin, cette conception du progrès humain qui ne se perd pas dans la course au profit, cette synthèse entre l'efficacité économique et la justice sociale, tous ces principes qui étaient chers à Philippe Séguin, retrouvent leur actualité et fondent son héritage.
La France qu’il aimait, nous oblige. Elle nous oblige au courage de l’action. Elle nous oblige au rassemblement national lorsque l’essentiel est en jeu. Elle nous oblige au goût de la vérité plutôt qu'à celui des illusions, au choix de la droiture plutôt qu'à celui de l’esquive.